Pour l’enseignement obligatoire de l’économie
En cette période de rentrée scolaire, une idée qui me tient à cœur depuis longtemps : l’enseignement obligatoire de l’économie à l’école, au minimum au lycée, quelle que soit la filière (même littéraire ou scientifique) et de la seconde à la terminale. Pourquoi pas également dès le collège.
Les phénomènes économiques s’imposent à tous - selon certains ils supplantent même en importance les vecteurs politiques - et sont bien souvent d’une complexité extrême : pour comprendre le monde dans lequel nous vivons, pour suivre des débats tels que celui sur la TVA sociale ou des événements comme cet été la crise des « subprimes » américaines, des connaissances de base me paraissent indispensables.
Avantage induit : s’affirmer aussi citoyen éclairé, mieux appréhender les enjeux d’un discours, d’une proposition, d’une élection... Surtout, ne pas se faire manipuler par des démagogues, ne pas tomber dans le panneau de propositions irréalistes, éviter les vieilles lunes dont sont friands certains acteurs politiques. A cet égard, le référendum européen en 2005 - c’est un exemple que j’ai déjà cité précédemment, j’y reviens car son résultat m’a beaucoup marqué - a donné lieu du côté de certains partisans du non à des argumentations économiques d’une mauvaise foi qui m’a sidéré et même choqué... Autant de chausse-trappes qui seront naturellement déjouées lorsque se diffusera dans la population une meilleure conscience globale du monde tel qu’il est, c’est-à-dire compliqué, interdépendant et indissociable de l’omniprésence économique, de l’échelle d’un seul individu à la planète toute entière.
PS1 : je n’ignore pas les polémiques récurrentes qui peuvent exister entre les professeurs de sciences économiques et sociales (qui ont une vision forcément « gauchiste » pour leurs contempteurs) et, par exemple, les chefs d’entreprise (qui sont forcément « ultra-libéraux » pour la partie adverse) mais je crois qu’avec un minimum de dialogue et d’effort de compréhension mutuelle, il est possible de parvenir à un enseignement équilibré, sans angélisme, sans manichéisme et sans idéologie, des mécanismes économiques et des phénomènes sociaux qui en résultent.
PS2 : quant à la polémique actuelle entre ces mêmes professeurs de SES et le ministre de l’Éducation, Xavier Darcos, j’ai une position un peu « romantique » dans la mesure où j’ai toujours considéré que la filière du bac ES (qui n’est pas celui que j’ai passé, autant le préciser) est certes globalement suivie par des élèves plutôt moyens - voyons les choses en face - mais est aussi celle qui propose la meilleure ouverture d’esprit et la meilleure culture générale. Deux qualités essentielles pour tracer ensuite son chemin...
PS3 : et pour tous ceux qui, comme moi, n’ont eu au mieux que des cours d’économie en seconde, la lecture de « L’Économie pour les nuls », paru cette année dans la fameuse collection des éditions First, et la consultation de quelques sites et blogs (par exemple, Econoclaste ou Ecopublix) s’imposent !
Aucun trackback pour l'instant


