Communication politique 2.0 (et plus)
Une dernière fournée pour 2009 de liens relatifs à la communication, en particulier politique bien sûr. Pêle-mêle, du plus ancien au plus récent, 8 articles ou dossiers intéressants (y compris la critique d’un film satirique !) publiés en novembre et décembre.
1) « Gare au tout info ! » : un article de Nonfiction.fr à propos du dernier livre de Dominique Wolton, « Informer n’est pas communiquer ».
- « Dominique Wolton affirme la primauté de la communication, " plus complexe " que l’information. Pourquoi ? Parce qu’elle porte en elle la relation à l’Autre tandis que l’information existe en soi. »
- « C’est bien l’information qui est à reconsidérer. »
- « Dans sa leçon donnée aux acteurs de l’information, il invite ces derniers à revenir vers la connaissance, plus que jamais indispensable pour faire face à la profusion d’informations et pour ne pas buter sur " l’incommunication ". »
2) « Les politiques exposés au risque d'Internet » : une analyse de Xavier Ternisien dans Le Monde.
- « Aux politiques de mettre en accord les discours et les actes, la parole publique et la parole privée, insiste Arnaud Dassier, directeur de l'agence L'enchanteur des nouveaux médias. Je trouve plutôt positif qu'Internet oblige à une plus grande cohérence. »
3) Le film « In the Loop » d' Armando Iannucci, toujours à l’affiche dans une trentaine de salles en France (sinon bientôt en DVD).
- Une satire cynique et très drôle de la politique anglaise et des « spin doctors » à l’époque de Tony Blair et d’Alastair Campbell, sur fond de déclenchement de la guerre en Irak.
- Voir en particulier l’interview du réalisateur sur le site du Figaro : « La politique anglaise au vitriol ».
- Ainsi que quelques critiques plutôt élogieuses : « le film le plus hilarant de l'année, voire de la décennie » pour Les Echos, « une satire politique désenchantée » pour Rue89, « une farce dans l'univers politique anglais » pour l’Express, « jubilatoire » pour Le Parisien, « les dessous risibles de la guerre en Irak » pour Le Monde…
4) « Réinventer la démocratie à l’heure des réseaux et de la transparence » sur Internetactu.net.
- « La première édition du Personal Democracy Forum Europe qui s’est tenu à Barcelone les 20 et 21 novembre 2009 a été l'occasion d'explorer plusieurs manières de " hacker " et réinventer la politique. Tour d'horizon de trois pistes évoquées : développer des outils de masse pour tout un chacun, favoriser l’auto-organisation, les vertus de la transparence. »
5) « Aujourd’hui, un homme public est public tout le temps », une interview de Benoît Thieulin, directeur de l’agence Netscouade et spécialiste du Web politique dans Le Parisien.
6) « Les réseaux sociaux entrent en politique », un article de L’Express autour du lancement de sites participatifs par les grands partis politiques.
7) « Aux yeux du monde : mobile, Iran et vidéo » sur le site de la Fondation pour l’innovation politique.
- « Six mois après les élections iraniennes et les mouvements de protestation qui ont suivi, Laurence Allard et Olivier Blondeau reviennent sur l'utilisation du mobile et de la vidéo sur Internet dans la mobilisation et la médiatisation de ces événements. » Plus que jamais d'actualité !
8) Enfin, « Le temps de l’hypercitoyen », un dossier publié par Regards sur le numérique (revue « de société » éditée par Microsoft France).
- 6 articles dont notamment une interview d’un pionnier de l’e-démocratie, Howard Dean, président du parti démocrate américain de 2005 à 2009, et à ce double titre l’un des artisans de la victoire de Barack Obama en 2008.
Rama Yade, toujours préférée des Français
Rama Yade demeure la personnalité politique préférée des Français dans la nouvelle édition du baromètre mensuel du Point, hebdomadaire qui lui avait d’ailleurs de nouveau consacré sa Une il y a une quinzaine de jours (de nouveau, car cela était déjà arrivé au moins une fois auparavant). Cote de popularité d’autant plus « insolente » lorsqu’on la compare à celles du président de la République et du Premier ministre, qui continuent elles de descendre dans les abîmes…
Certes, Rama Yade est « jeune », elle est « belle », elle est « intelligente », tout cela est incontestable, mais je ne pense pas que cela suffise à expliquer sa popularité, et encore moins à faire sens politiquement. De la même façon, je ne pense pas que son « bilan » soit déterminant pour le moment, et c’est bien normal : d’une part, parce qu’au secrétariat d’État aux Droits de l’homme, il s’agissait surtout d’un « ministère de la parole », d’autre part, parce qu’au secrétariat d’État aux Sports, sa nomination est trop récente. Notez bien que je ne dis pas que ce bilan est inexistant ou inconsistant - bien au contraire certaines de ses actions internationales ont été marquantes et courageuses - mais je considère que dresser un bilan de son action est prématuré après seulement deux années et que ce n’est pas lui qui peut expliquer cette popularité record.
Alors ? Alors, je crois que cette popularité est essentiellement « symbolique » et liée à sa personnalité propre. Ainsi, comme beaucoup de concitoyens, j’ai fortement apprécié qu’elle rappelle lors de la visite du président Kadhafi que « notre pays n’est pas un paillasson sur lequel on peut s’essuyer les pieds », une façon éclatante de réaffirmer quelles sont les valeurs de la France. Fort et fondateur, à l’image de certains « coups de gueule » de Chirac (son fameux « Do you want me to go back to my plane ? » par exemple) ou du discours de Dominique de Villepin à l’Onu avant la seconde guerre d’Irak (« Le vieux pays qui est le mien… d’un vieux continent, l’Europe… »). Ceux qui ne la connaissaient pas encore à ce moment-là ont commencé à dresser l’oreille et à prêter attention à ses interventions.
Plus encore, c’est sa force de caractère qui, me semble-t-il, plaît aux Français. Et bien sûr le fait qu’elle s’oppose au président de la République et, encore mieux, qu’elle ne cède pas, qu’elle finisse par faire valoir sa position et par obtenir gain de cause ! Ce fut le cas, on s’en souvient, pour les élections européennes auxquelles elle ne souhaitait pas participer, préférant privilégier à long terme son implantation locale à Colombes. Ce fut de nouveau le cas pour les régionales, lorsqu’elle refusa d’être parachutée dans un autre département que les Hauts-de-Seine. J’apprécie d’ailleurs tout particulièrement cette façon de faire de la politique qui consiste à se présenter là où l’on vit, là où l’on habite vraiment. Au final, Rama Yade nous apparaît « intègre » dans son approche de la politique, et c’est bien agréable. Mieux : Rama Yade nous apparaît profondément « authentique » (illustrant parfaitement ce que j’évoquais sur ce blog en septembre dernier : Authenticité et politique, selon Alastair Campbell), et cela fait un bien fou ! Pourvu que cela dure !
(Voir aussi sur le site du Point les autres articles qui la concernent, notamment Jusqu’où ira-t-elle ? et L’insolente Yade.)


