Rama Yade, toujours préférée des Français
Rama Yade demeure la personnalité politique préférée des Français dans la nouvelle édition du baromètre mensuel du Point, hebdomadaire qui lui avait d’ailleurs de nouveau consacré sa Une il y a une quinzaine de jours (de nouveau, car cela était déjà arrivé au moins une fois auparavant). Cote de popularité d’autant plus « insolente » lorsqu’on la compare à celles du président de la République et du Premier ministre, qui continuent elles de descendre dans les abîmes…
Certes, Rama Yade est « jeune », elle est « belle », elle est « intelligente », tout cela est incontestable, mais je ne pense pas que cela suffise à expliquer sa popularité, et encore moins à faire sens politiquement. De la même façon, je ne pense pas que son « bilan » soit déterminant pour le moment, et c’est bien normal : d’une part, parce qu’au secrétariat d’État aux Droits de l’homme, il s’agissait surtout d’un « ministère de la parole », d’autre part, parce qu’au secrétariat d’État aux Sports, sa nomination est trop récente. Notez bien que je ne dis pas que ce bilan est inexistant ou inconsistant - bien au contraire certaines de ses actions internationales ont été marquantes et courageuses - mais je considère que dresser un bilan de son action est prématuré après seulement deux années et que ce n’est pas lui qui peut expliquer cette popularité record.
Alors ? Alors, je crois que cette popularité est essentiellement « symbolique » et liée à sa personnalité propre. Ainsi, comme beaucoup de concitoyens, j’ai fortement apprécié qu’elle rappelle lors de la visite du président Kadhafi que « notre pays n’est pas un paillasson sur lequel on peut s’essuyer les pieds », une façon éclatante de réaffirmer quelles sont les valeurs de la France. Fort et fondateur, à l’image de certains « coups de gueule » de Chirac (son fameux « Do you want me to go back to my plane ? » par exemple) ou du discours de Dominique de Villepin à l’Onu avant la seconde guerre d’Irak (« Le vieux pays qui est le mien… d’un vieux continent, l’Europe… »). Ceux qui ne la connaissaient pas encore à ce moment-là ont commencé à dresser l’oreille et à prêter attention à ses interventions.
Plus encore, c’est sa force de caractère qui, me semble-t-il, plaît aux Français. Et bien sûr le fait qu’elle s’oppose au président de la République et, encore mieux, qu’elle ne cède pas, qu’elle finisse par faire valoir sa position et par obtenir gain de cause ! Ce fut le cas, on s’en souvient, pour les élections européennes auxquelles elle ne souhaitait pas participer, préférant privilégier à long terme son implantation locale à Colombes. Ce fut de nouveau le cas pour les régionales, lorsqu’elle refusa d’être parachutée dans un autre département que les Hauts-de-Seine. J’apprécie d’ailleurs tout particulièrement cette façon de faire de la politique qui consiste à se présenter là où l’on vit, là où l’on habite vraiment. Au final, Rama Yade nous apparaît « intègre » dans son approche de la politique, et c’est bien agréable. Mieux : Rama Yade nous apparaît profondément « authentique » (illustrant parfaitement ce que j’évoquais sur ce blog en septembre dernier : Authenticité et politique, selon Alastair Campbell), et cela fait un bien fou ! Pourvu que cela dure !
(Voir aussi sur le site du Point les autres articles qui la concernent, notamment Jusqu’où ira-t-elle ? et L’insolente Yade.)
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