Communication politique : le meilleur de l’été 2010
Marée noire et communication de crise, benchmarking international de communication politique, évolutions politiques, sociétales et de communication entraînées par Internet, les mots de la réforme et le coup de cœur de l’été sont au sommaire de cette veille de communication politique pour la période de mai à août 2010 : 22 liens essentiels !
1) BP et la marée noire aux larges des côtes américaines : la communication de la compagnie pétrolière est-elle vraiment un modèle en termes de gestion de crise, comme l’affirmait Rue 89 dans cet article (« La com de BP face à la marée noire, un modèle du genre ») publié quelques jours après l’explosion de la plate-forme dans le Golfe du Mexique ? Dans le même ordre d’idée, voir également cet article du Monde (accessible uniquement aux abonnés) : « BP dépollue aussi son image »… Cela mérite sérieusement d’être relativisé ! Des millions de barils ont continué à se déverser dans la mer et à souiller les plages de la Louisiane, Barack Obama a décrété la mobilisation générale, la valorisation boursière de BP a diminué d’un bon tiers… et les communicants de BP sont apparus tout autant à la peine que les ingénieurs de la société qui essayaient d’obstruer la fuite, explique Olivier Cimelière sur le Blog du communicant 2.0 : « Marée noire : la communication de BP engluée ». Sur cet excellent blog (j’y reviendrai plus loin dans cette note), voir aussi : « Marée noire BP : ce que les communicants devraient retenir », une analyse des enseignements applicables à d’autres secteurs et à d’autres circonstances. Au passage, l’article de Rue 89 donne tout de même l’occasion à Thierry Libaert de rappeler 4 grandes règles de la communication de crise : responsabilité, empathie, transparence, analyse.
2) « Vous voulez faire campagne ? David Plouffe vous donne un cours » : via Ilovepolitics.info, blog sur l’actualité politique américaine vue de France, retrouvez une vidéo de 47 minutes (en anglais évidemment) dans laquelle David Plouffe, ex-directeur de la campagne présidentielle de Barack Obama et manager du réseau social politique Organizing for America, donne aux militants démocrates des conseils stratégiques en vue des élections de mi-mandat de novembre prochain.
Quelques autres liens intéressants pour compléter ce « benchmarking » international en matière de communication politique et électorale :
- « Que retenir de la net-campagne britannique », suite aux élections législatives du printemps dernier, sur le Forum de l’e-démocratie ;
- Regards sur le numérique propose une analyse en deux parties du Rapport mondial 2010 sur l’e-Parlement ;
- le « concours », vu comme l’une des « Nouvelles formes de mobilisation et d’innovation politiques » par Laurence Allard et Olivier Blondeau sur Netpolitique (et, rappelons-le, d’une manière générale, tous les articles et liens proposés par ce site !).
3) Un « fourre-tout » consacré aux médias, aux évolutions politiques, sociétales et de communication entraînées par Internet :
- Délits d’opinion s’interroge : « Le web politique est-il de gauche ? » (« Deux études récentes semblent le confirmer : les sympathisants de gauche et d’extrême-gauche sont davantage actifs sur Internet que ceux du centre et de la droite. ») ;
- « Comment favoriser l’engagement citoyen » via les nouvelles technologies, à lire sur internetActu ;
- « Avenir des médias en ligne : l’impossible équation ? », sur Novovision ;
- pour les abonnés au Monde, un article de Thierry Vedel : « Internet creuse la fracture civique » (« Selon une enquête du Cevipof, le Web donne plus de ressources et d'espaces d'expression aux citoyens qui sont déjà très intégrés dans le système politique ») ;
- une analyse du professeur Jean-Luc Michel, suite aux élections régionales, sur « Les réseaux sociaux et la communication politique : entre identification et distanciation » (lien PDF direct) ;
- « Pour une (r)évolution de la communication politique » sur le blog d’Arnaud Dassier : « Les campagnes électorales traduisent le décalage culturel qui se creuse entre la classe politique et les Français. Dans un environnement bouleversé par la révolution digitale, ils devront s’adapter ou céder la place à une nouvelle génération » (une approche séduisante, enthousiaste et, somme toute, assez radicale, qui mérite pourtant, à mon sens, d’être largement nuancée, ne serait-ce qu’au vu du poids que conservent, par exemple, les journaux télévisés, encore et toujours de très loin la principale source d’information politique des Français – voir le point de vue de Freddy Roy sur le site de la Fondation pour l’innovation politique : « Il ne suffit pas d’affirmer les choses ») ;
- « La CNIL va s’intéresser à la communication politique », info relayée par le Forum de l’e-démocratie ;
- dans cet article du Monde, le sociologue des médias, Denis Muzet, revient sur « les principales transformations de notre société, dans son rapport au politique et aux médias », à l’exemple de l’accélération du temps médiatique et de l’effacement du temps long combinés à un élargissement de l’horizon spatial : une analyse de fond, intéressante et pertinente, il ne faut donc pas s’arrêter à son titre (« La méthode Sarkozy dans l’impasse ») qui est réducteur et présente un rapport assez indirect avec le contenu réel du papier.
4) Qui dit communication dit sémiotique ou sémantique… Deux études réalisées par Médiascopie et intéressantes à rapprocher :
- « Les mots de la réforme », à lire sur Terra Nova, le jugement des Français sur 150 mots associés à cette idée…
- … et « Les mots de la modernisation de l’État » auprès d’un panel de hauts fonctionnaires, sur Acteurs publics.
5) Enfin, un coup de cœur ! Si vous ne le connaissez pas déjà, je vous recommande très chaudement Le blog du communiquant 2.0, animé depuis quelques mois par Olivier Cimelière, vice président communication d’Ericsson France : TOUT, absolument TOUT, est intéressant sur ce blog ! De la pertinence (ce qui n’empêche pas quelquefois l’humour ou l’impertinence, bien au contraire), de l’analyse, de la profondeur… Je vous conseille en particulier la lecture de la série d’articles consacrés au thème « Risque et Progrès » qui en est à son 9e épisode (sur 12). Un site à inscrire absolument dans vos favoris !
Vous l’aurez remarqué : cette revue de web était consacrée au « meilleur » de l’été 2010 en matière de communication politique… Cela signifie que je laisse le « pire » à d’autres ! Comprenne qui voudra… Je vous donne rendez-vous courant septembre pour une nouvelle saison au cours de laquelle je (me/vous) promets plus de régularité, plus de réactivité, plus d’analyse…
Les régionales, Internet, la démocratie…
Au menu de cette veille de février et mars 2010 : la crise et l’opinion publique, le financement politique aux États-Unis, la communication des régionales, les médias sociaux, la tyrannie de la transparence, Internet contre la démocratie… Plus de 20 liens !
1) « La crise renforce les exigences et le pouvoir des opinions publiques » : dans ce point de vue publié par Le Monde, Pierre Giacometti et Alain Péron indiquent que la crise accentue une tendance amorcée depuis déjà plusieurs décennies, qui renforce l'influence des opinions sur la conduite des pouvoirs et de ses protagonistes. Ces opinions se caractérisent en outre désormais par leur caractère mosaïque, volatile, fragmenté et rebelle : la diversité de ces opinions nécessite de mettre en œuvre, selon les auteurs, une stratégie d’« intelligence d’opinions » et de concilier spécificité et cohérence, avec une parole qui ne peut plus être seulement verticale mais doit proposer des choix, des échanges, et susciter des actions.
2) « Financement politique US, la nouvelle donne » : dans cet article de Causeur.fr, Gil Mihaely revient sur une décision de la Cour suprême qui bouleverse les règles du financement de la politique américaine puisque les personnes morales, les entreprises pourront désormais se prévaloir de la liberté d’expression au même titre que les personnes physiques et exprimer leurs opinions politiques comme de simples citoyens ! Et pourquoi ne pas leur donner le droit de vote tant qu’on y est, franchement ! On n’imagine que trop bien comment les lobbies sauront se saisir de cette opportunité lors des prochaines campagnes électorales et les conséquences que cela aura du point de vue démocratique, d’autant que la Cour suprême ne fait pas le distinguo entre les médias et les autres corporations…
3) Régionales et réseaux sociaux : sur Pargatruk.fr, le blog d’Hervé Pargue, consultant en « stratégie digitale » pour les collectivités publiques et territoriales, de nombreux billets consacrés à l’étude de la stratégie web des candidats PS et UMP aux régionales. Voir en particulier ces « 12 conseils aux politiques présents sur Facebook » et ce billet récapitulatif. De son côté, Regards sur le numérique se penche sur cette campagne web dans un premier volet (on attend la suite !) consacré à la refonte récente, et plus orientée « contenus », des sites de l’UMP et du PS : « Internet et les régionales (1) : la révolution des contenus est-elle en marche ? » Le blog de la rédaction du Monde consacré aux régionales s’interroge quant à lui : « Les réseaux sociaux politiques sont-ils vraiment utiles ? », l’usage de Twitter se partageant par ailleurs « entre platitudes et invectives ». Pour élargir le champ de l’analyse, vous pouvez aussi vous reporter à cette enquête, réalisée en 2009 mais récemment publiée sur son blog, du journaliste indépendant Bruno Fay (« Politique 2.0 : la guerre du web ») et à ce phénomène bien connu (Internet permet facilement aux mouvements petits ou extrêmes d’avoir une visibilité et d’occuper le terrain) : « Les "cyberactivistes" d'extrême droite ont fait d'Internet leur nouveau terrain de jeu ». Enfin, toujours sur le site du Monde, puisque cette campagne des régionales 2010 ne s’est malheureusement pas caractérisée par sa bonne tenue (doux euphémisme pour dire qu’elle a plusieurs fois carrément versé dans le caniveau !), cet article historique et « méthodologique » : « Manuel de l’insulte à l’usage des politiques ». Au point où nous en sommes, mieux vaut effectivement le voir avec recul, humour et ironie…
4) Pour prendre de la hauteur (nous en avons bien besoin après ces régionales - c’est bon, je n’insiste pas davantage…), « Les réseaux sociaux, médias de demain » : le blog médias du Figaro revient sur cette étude du Pew Internet Research Center qui indique que 75% des consommateurs US d'information en ligne reçoivent aujourd’hui leur information par mail ou par des posts sur les réseaux sociaux. L’étude souligne également le rôle des contenus personnalisables et l’importance de la discussion (à 72 %) relative à l’actualité sur les réseaux sociaux : un constat à rapprocher de cet article du New York Times, repris cette semaine par Courrier International, selon lequel les audiences d’un certain nombre d’événements, la finale du Super Bowl par exemple, n’ont jamais été aussi élevées, notamment grâce au partage et à l’échange, la « communion », en direct sur Twitter et Facebook. Un phénomène évidemment détecté par les médias traditionnels qui comptent bien pouvoir s’appuyer sur cet effet « discussion autour de la machine à café » : « Grâce au Net, la télé retrouve le sourire ».
5) Puisque j’évoquais ci-dessus Courrier International, procurez-vous si vous en avez la possibilité son numéro 1008 (du 25 février au 3 mars 2010) avec un intéressant dossier de Une consacré à « La tyrannie de la transparence » (accessible en ligne uniquement pour les abonnés) : « Les politiques la promettent, les citoyens l’exigent, beaucoup d’internautes la revendiquent dans leurs rapports personnels. La transparence est devenue un idéal universel que l’on pare de toutes les vertus. Et, ces dernières années, de plus en plus de pays se sont dotés de lois en ce sens. De fait, la transparence permet souvent de limiter la corruption et d’améliorer les pratiques de l’État, comme le montre l’exemple de l’Inde. Mais elle ne règle pas tout, met en garde le juriste américain Lawrence Lessig, et peut même finir par saper la confiance dans la démocratie. »
6) J’ai déjà eu l’occasion de m’intéresser ici aux « digital natives », c’est-à-dire aux enfants de la Net génération (voir « Quelle politique pour les enfants du numérique ? »). Un contrepoint intéressant dans Libération de Jean-Noël Lafargue qui les voit davantage comme des « digital naives », plus passifs et moins bidouilleurs-hackers que leurs aînés : « Les jeunes ne sont plus intéressés par l’outil-ordi ».
7) Enfin, last but not least, mon coup de cœur du mois, le nouveau numéro de Books (une revue décidément passionnante !) : « Internet contre la démocratie ». Le dossier n’étant accessible en entier en ligne qu’aux abonnés (et c’est tant mieux car il faut soutenir ce jeune magazine : courez chez votre marchand de journaux, il vaut largement ses 5,9 € !), voyez la présentation du dossier par Olivier Postel-Vinay, fondateur et directeur de la publication, « Pour en finir avec le cyber-optimisme », son interview par Regards sur le numérique, « Le cyber-optimisme est une croyance naïve… », la réplique de Pierre Haski sur Rue 89, « Internet et la démocratie ? Books donne la victoire aux États autoritaires », écoutez le podcast de l’émission de France Culture qui lui est consacrée, « Place de la toile », et venez assister au débat à Sciences Po Paris mardi prochain, le 16 mars de 19h à 21h (l’entrée est libre, voir tous les renseignements pratiques sur la page d’accueil de Books), avec la participation de Fariba Adelkhah, Pierre Assouline, Olivier Bomsel, Pierre Haski, Marie Mendras, Thierry Vedel, Olivier Postel-Vinay… J’y serai !
Communication politique 2.0 (et plus)
Une dernière fournée pour 2009 de liens relatifs à la communication, en particulier politique bien sûr. Pêle-mêle, du plus ancien au plus récent, 8 articles ou dossiers intéressants (y compris la critique d’un film satirique !) publiés en novembre et décembre.
1) « Gare au tout info ! » : un article de Nonfiction.fr à propos du dernier livre de Dominique Wolton, « Informer n’est pas communiquer ».
- « Dominique Wolton affirme la primauté de la communication, " plus complexe " que l’information. Pourquoi ? Parce qu’elle porte en elle la relation à l’Autre tandis que l’information existe en soi. »
- « C’est bien l’information qui est à reconsidérer. »
- « Dans sa leçon donnée aux acteurs de l’information, il invite ces derniers à revenir vers la connaissance, plus que jamais indispensable pour faire face à la profusion d’informations et pour ne pas buter sur " l’incommunication ". »
2) « Les politiques exposés au risque d'Internet » : une analyse de Xavier Ternisien dans Le Monde.
- « Aux politiques de mettre en accord les discours et les actes, la parole publique et la parole privée, insiste Arnaud Dassier, directeur de l'agence L'enchanteur des nouveaux médias. Je trouve plutôt positif qu'Internet oblige à une plus grande cohérence. »
3) Le film « In the Loop » d' Armando Iannucci, toujours à l’affiche dans une trentaine de salles en France (sinon bientôt en DVD).
- Une satire cynique et très drôle de la politique anglaise et des « spin doctors » à l’époque de Tony Blair et d’Alastair Campbell, sur fond de déclenchement de la guerre en Irak.
- Voir en particulier l’interview du réalisateur sur le site du Figaro : « La politique anglaise au vitriol ».
- Ainsi que quelques critiques plutôt élogieuses : « le film le plus hilarant de l'année, voire de la décennie » pour Les Echos, « une satire politique désenchantée » pour Rue89, « une farce dans l'univers politique anglais » pour l’Express, « jubilatoire » pour Le Parisien, « les dessous risibles de la guerre en Irak » pour Le Monde…
4) « Réinventer la démocratie à l’heure des réseaux et de la transparence » sur Internetactu.net.
- « La première édition du Personal Democracy Forum Europe qui s’est tenu à Barcelone les 20 et 21 novembre 2009 a été l'occasion d'explorer plusieurs manières de " hacker " et réinventer la politique. Tour d'horizon de trois pistes évoquées : développer des outils de masse pour tout un chacun, favoriser l’auto-organisation, les vertus de la transparence. »
5) « Aujourd’hui, un homme public est public tout le temps », une interview de Benoît Thieulin, directeur de l’agence Netscouade et spécialiste du Web politique dans Le Parisien.
6) « Les réseaux sociaux entrent en politique », un article de L’Express autour du lancement de sites participatifs par les grands partis politiques.
7) « Aux yeux du monde : mobile, Iran et vidéo » sur le site de la Fondation pour l’innovation politique.
- « Six mois après les élections iraniennes et les mouvements de protestation qui ont suivi, Laurence Allard et Olivier Blondeau reviennent sur l'utilisation du mobile et de la vidéo sur Internet dans la mobilisation et la médiatisation de ces événements. » Plus que jamais d'actualité !
8) Enfin, « Le temps de l’hypercitoyen », un dossier publié par Regards sur le numérique (revue « de société » éditée par Microsoft France).
- 6 articles dont notamment une interview d’un pionnier de l’e-démocratie, Howard Dean, président du parti démocrate américain de 2005 à 2009, et à ce double titre l’un des artisans de la victoire de Barack Obama en 2008.
Le pouvoir des mots : rhétorique et discours
Un dossier intéressant d'une vingtaine de pages à signaler dans le numéro de novembre de Sciences Humaines : « L'art de convaincre, d'Aristote à Obama ».
L'article consacré à la rhétorique de Barack Obama n'est pas le plus convaincant sur le fond, mais il présente l'avantage d'être accessible gratuitement en ligne : « Obama et le pouvoir des mots ». Au contraire, malheureusement, de celui qui a particulièrement retenu mon attention et qui applique la méthode du fameux « carré sémiotique » à la comparaison des discours de Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal : « Le " carré sémiotique " des discours politiques ».
En quelques mots : ce « carré » permet de comprendre la façon dont se construit le sens des discours, en fonction des grands principes qui les structurent. Les auteurs (Jean-Louis Missika, Denis Bertrand, Alexandre Dézé) démontrent en particulier comment Ségolène Royal privilégie le « vécu partagé » (ce qu'éprouvent subjectivement les personnes et qui est présent par empathie dans le discours) tandis que Nicolas Sarkozy articule ses discours autour d'un double pôle constitué de ce même « vécu partagé » et d'une « réalité analysée » (l'objectivation de la réalité dans et par un discours d'analyse)... A lire absolument si vous en avez la possibilité !
Beaucoup moins fouillé, cet article du Monde, « Le Web 2.0, nouvelle arme des politiques », distingue toutefois les deux philosophies a priori sensiblement différentes des sites sociaux et communautaires prochainement lancés par l'UMP et le PS. Selon Le Monde, celui de l'UMP, Lescreateursdepossibles.com, s'appuierait sur une logique « ascendante » (permettre à tout un chacun de créer des groupes de discussion sur les thèmes de son choix et de faire remonter des propositions) alors que celui du PS, LaCooPol.fr, s'inscrirait davantage dans une logique « organisationnelle » (faciliter la mise en réseau et le travail des sections et des militants). Voir en complément dans Le Monde l'interview de Benoît Thieulin dont la société (La Netscouade) a conçu le site du PS : « Le PS s'apprête à lancer son réseau social ».


