Damien Bégoc – Blog politique « Je ne m’occupe pas de politique. » C’est comme si vous disiez : « Je ne m’occupe pas de la vie. » (Jules Renard)

7oct/110

Médiasrama : suivre la présidentielle sur le fond !

Je vous invite à découvrir Médiasrama, la nouvelle page publique que je viens d’ouvrir sur Facebook : une sélection d'articles de fond et de sites web intéressants sur des sujets politiques, économiques, culturels, sociaux et sociétaux pour suivre la présidentielle et les législatives 2012, en éclairer les enjeux et participer au débat.

Les maîtres-mots de cette page : modération et pondération, respect et courtoisie, recul et réflexion, ouverture et absence d'esprit partisan.

Parce qu’une campagne, le débat, la démocratie, ce sont avant tout des idées. Parce qu'une campagne, le débat, la démocratie ne doivent pas nécessairement se transformer en foire d'empoigne, ponctuée de boules puantes !

Page accessible directement sur Facebook : http://www.facebook.com/mediasrama ou via son propre nom de domaine : http://www.mediasrama.fr

14mai/110

« Assistanat » : une salutaire mise au point !

À la suite des déclarations controversées et, disons-le, démagogiques de Laurent Wauquiez sur le RSA, un nécessaire décryptage du Monde qui permet de battre en brèche cinq idées reçues sur l’assistanat :

1) La France distribue plus d'aides sociales que les autres pays d'Europe : faux !
2) Les montants des minima sociaux sont plus importants en France : faux !
3) On peut gagner davantage en touchant les minima sociaux qu'en travaillant : faux !
4) Les personnes aidées ont en plus des petits avantages que n'ont pas les smicards : faux !
5) Les étrangers peuvent profiter facilement de ces minima sociaux : faux !

CQFD… Et dire que cela vient de la « Droite sociale », sic !

13mai/110

Les Français aiment l’Union européenne !

Intéressante étude menée par la Fondapol (résultats détaillés et résumé sont téléchargeables en ligne) à l’occasion de la journée de l’Europe : ses résultats remettent en cause bon nombre de propos eurosceptiques, largement répandus tant dans les médias que dans les discours politiques !

Les principaux résultats en quelques mots :

1) Majoritaires, les euro-confiants regardent l’Union européenne comme une réponse pertinente à la mondialisation. Pour les Français, l’UE assure la paix et renforce la puissance de la France dans le monde. Ils sont attachés au principe d’une solidarité entre les nations européennes mais ils sont partagés (c’est-à-dire que les positions s’équilibrent sensiblement) concernant les effets de l’UE sur leur vie quotidienne (immigration, chômage, protection sociale).

2) Le tiers eurosceptique est issu d’une France fragilisée (Français aux revenus modestes, peu ou pas diplômés, peu mobiles). Les Françaises ont une vision de l’UE plus négative que les Français.

3) Le sentiment que l’Union européenne menace l’identité française est minoritaire, mais il est d’autant plus fort que l’on est moins diplômé.

4) Les Français sont massivement hostiles tant à une sortie de l’Union européenne qu’à une sortie de l’euro.

5) Les valeurs que les Français souhaitent voir davantage défendues par l’UE : la paix, la solidarité, l’écologie, l’économie de marché.

Enfin, et ce n’est pas le moindre enseignement de cette étude, il n’est pas inutile de souligner la différence de perception par les Français entre « l’Europe » et « l’Union européenne » : c’est en effet à l’UE que les Français accordent sensiblement plus de réactions positives, c’est-à-dire à l’espace politique ordonné (l’UE) plus qu’à l’espace géographique, culturel ou historique (l’Europe) qui paraît plus flou et moins protecteur.

12mai/110

De l’âge des députés…

Lu dans Challenges du 28 avril 2011 : « L’Assemblée nationale totalise 9 fois plus de députés de plus de 60 ans que de députés de moins de 40 ans. En 1950, le rapport était de 1 à 1. » Sachant, par ailleurs, que l’âge moyen de la population française est de 40 ans…

On ne saurait mieux montrer, une fois de plus, l’impérieuse nécessité d’un renouvellement, d’un rajeunissement, d’une diversification (dans tous les sens du terme, qu’il s’agisse de la féminisation ou des origines, elles-mêmes géographiques, sociales ou professionnelles) !

Les solutions sont connues, archi-connues et reconnues : le non-cumul des mandats – cette détestable exception française – et la limitation du nombre de mandats consécutifs.

11mai/110

1981-2011 : les 7 révolutions de la société française

À lire dans Le Monde du 10 mai 2011 (édition abonnés uniquement), à l’occasion de l’anniversaire de l’élection de François Mitterrand, une intéressante analyse du sociologue Gérard Mermet (auteur du fameux « Francoscopie » dont la dernière édition est parue en 2010) sur les 7 évolutions majeures de la société française au cours des 30 dernières années : individualisation, féminisation, globalisation, technologisation, consumérisme, horizontalisation, zapping.

Le constat n’est pas politique ni polémique, il est factuel et sociologique, il n’a rien de révolutionnaire, il n’est cependant pas inutile de se le rappeler ou, mieux, de l’avoir toujours à l’esprit. Toute conception de politique publique (cela va de soi, la communication politique et publique en fait partie) ne peut que prendre en compte ces éléments, au risque sinon de passer à côté de son sujet et d’échouer à coup sûr.

1sept/100

Communication politique : le meilleur de l’été 2010

Marée noire et communication de crise, benchmarking international de communication politique, évolutions politiques, sociétales et de communication entraînées par Internet, les mots de la réforme et le coup de cœur de l’été sont au sommaire de cette veille de communication politique pour la période de mai à août 2010 : 22 liens essentiels !

1) BP et la marée noire aux larges des côtes américaines : la communication de la compagnie pétrolière est-elle vraiment un modèle en termes de gestion de crise, comme l’affirmait Rue 89 dans cet article (« La com de BP face à la marée noire, un modèle du genre ») publié quelques jours après l’explosion de la plate-forme dans le Golfe du Mexique ? Dans le même ordre d’idée, voir également cet article du Monde (accessible uniquement aux abonnés) : « BP dépollue aussi son image »… Cela mérite sérieusement d’être relativisé ! Des millions de barils ont continué à se déverser dans la mer et à souiller les plages de la Louisiane, Barack Obama a décrété la mobilisation générale, la valorisation boursière de BP a diminué d’un bon tiers… et les communicants de BP sont apparus tout autant à la peine que les ingénieurs de la société qui essayaient d’obstruer la fuite, explique Olivier Cimelière sur le Blog du communicant 2.0 : « Marée noire : la communication de BP engluée ». Sur cet excellent blog (j’y reviendrai plus loin dans cette note), voir aussi : « Marée noire BP : ce que les communicants devraient retenir », une analyse des enseignements applicables à d’autres secteurs et à d’autres circonstances. Au passage, l’article de Rue 89 donne tout de même l’occasion à Thierry Libaert de rappeler 4 grandes règles de la communication de crise : responsabilité, empathie, transparence, analyse.

2) « Vous voulez faire campagne ? David Plouffe vous donne un cours » : via Ilovepolitics.info, blog sur l’actualité politique américaine vue de France, retrouvez une vidéo de 47 minutes (en anglais évidemment) dans laquelle David Plouffe, ex-directeur de la campagne présidentielle de Barack Obama et manager du réseau social politique Organizing for America, donne aux militants démocrates des conseils stratégiques en vue des élections de mi-mandat de novembre prochain.
Quelques autres liens intéressants pour compléter ce « benchmarking » international en matière de communication politique et électorale :
- « Que retenir de la net-campagne britannique », suite aux élections législatives du printemps dernier, sur le Forum de l’e-démocratie ;
- Regards sur le numérique propose une analyse en deux parties du Rapport mondial 2010 sur l’e-Parlement ;
- le « concours », vu comme l’une des « Nouvelles formes de mobilisation et d’innovation politiques » par Laurence Allard et Olivier Blondeau sur Netpolitique (et, rappelons-le, d’une manière générale, tous les articles et liens proposés par ce site !).

3) Un « fourre-tout » consacré aux médias, aux évolutions politiques, sociétales et de communication entraînées par Internet :
- Délits d’opinion s’interroge : « Le web politique est-il de gauche ? » (« Deux études récentes semblent le confirmer : les sympathisants de gauche et d’extrême-gauche sont davantage actifs sur Internet que ceux du centre et de la droite. ») ;
- « Comment favoriser l’engagement citoyen » via les nouvelles technologies, à lire sur internetActu ;
- « Avenir des médias en ligne : l’impossible équation ? », sur Novovision ;
- pour les abonnés au Monde, un article de Thierry Vedel : « Internet creuse la fracture civique » (« Selon une enquête du Cevipof, le Web donne plus de ressources et d'espaces d'expression aux citoyens qui sont déjà très intégrés dans le système politique ») ;
- une analyse du professeur Jean-Luc Michel, suite aux élections régionales, sur « Les réseaux sociaux et la communication politique : entre identification et distanciation » (lien PDF direct) ;
- « Pour une (r)évolution de la communication politique » sur le blog d’Arnaud Dassier : « Les campagnes électorales traduisent le décalage culturel qui se creuse entre la classe politique et les Français. Dans un environnement bouleversé par la révolution digitale, ils devront s’adapter ou céder la place à une nouvelle génération » (une approche séduisante, enthousiaste et, somme toute, assez radicale, qui mérite pourtant, à mon sens, d’être largement nuancée, ne serait-ce qu’au vu du poids que conservent, par exemple, les journaux télévisés, encore et toujours de très loin la principale source d’information politique des Français – voir le point de vue de Freddy Roy sur le site de la Fondation pour l’innovation politique : « Il ne suffit pas d’affirmer les choses ») ;
- « La CNIL va s’intéresser à la communication politique », info relayée par le Forum de l’e-démocratie ;
- dans cet article du Monde, le sociologue des médias, Denis Muzet, revient sur « les principales transformations de notre société, dans son rapport au politique et aux médias », à l’exemple de l’accélération du temps médiatique et de l’effacement du temps long combinés à un élargissement de l’horizon spatial : une analyse de fond, intéressante et pertinente, il ne faut donc pas s’arrêter à son titre (« La méthode Sarkozy dans l’impasse ») qui est réducteur et présente un rapport assez indirect avec le contenu réel du papier.

4) Qui dit communication dit sémiotique ou sémantique… Deux études réalisées par Médiascopie et intéressantes à rapprocher :
- « Les mots de la réforme », à lire sur Terra Nova, le jugement des Français sur 150 mots associés à cette idée…
- … et « Les mots de la modernisation de l’État » auprès d’un panel de hauts fonctionnaires, sur Acteurs publics.

5) Enfin, un coup de cœur ! Si vous ne le connaissez pas déjà, je vous recommande très chaudement Le blog du communiquant 2.0, animé depuis quelques mois par Olivier Cimelière, vice président communication d’Ericsson France : TOUT, absolument TOUT, est intéressant sur ce blog ! De la pertinence (ce qui n’empêche pas quelquefois l’humour ou l’impertinence, bien au contraire), de l’analyse, de la profondeur… Je vous conseille en particulier la lecture de la série d’articles consacrés au thème « Risque et Progrès » qui en est à son 9e épisode (sur 12). Un site à inscrire absolument dans vos favoris !

Vous l’aurez remarqué : cette revue de web était consacrée au « meilleur » de l’été 2010 en matière de communication politique… Cela signifie que je laisse le « pire » à d’autres ! Comprenne qui voudra… Je vous donne rendez-vous courant septembre pour une nouvelle saison au cours de laquelle je (me/vous) promets plus de régularité, plus de réactivité, plus d’analyse…

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